vendredi 31 juillet 2009

"Le Gone du chaaba" Azouz Begag 2

La difficile cohabitation entre les immigrants maghrébins en France et leur communauté d'accueil est illustrée par Le gone du Chaàba d'Azouz Begag.
« Le gone du chaàba » présente de façon simultanée chacun des versants de la relation unissant le jeune issu de l’immigration aux figures du père et de l’enseignant. Dans un premier temps, en ce qui concerne son père ; l’attitude d’Azouz le narrateur est représentative d’une relation intérieure ; il accepte et vit en harmonie à l’intérieur des valeurs propres à sa culture d’origine.
Par la suite, son désir d’intégration le mènera à adopter « une relation extérieure » face aux siens et à accepter les valeurs de la société d’accueil. Mais cette attitude de rejet sera mitigée par une figure d’enseignant particulière qui permettra au narrateur de concilier les deux univers qui le constituent.

Begag oppose deux images distinctes d’enseignants. La première est faite de maîtres insensibles et indifférents à la réalité de l’immigration. Nous y trouvons le personnage de M. Grand qui demande à tous les enfants de la classe, sans égard pour les enfants du chaàba, d’enlever et de poser leurs chaussettes sur la table afin de voir si les règles d’hygiène sont bien respectées, ce qui a pour conséquence de singulariser et d’humilier ces derniers. La deuxième, quant à elle, est représentée par M.Loubon, professeur originaire d’Algérie pour qui la France est aussi une terre d’exil et qui incarne l’image idéalisée d’un système d’enseignement qui tiendrait compte de la réalité de l’immigration.

jeudi 30 juillet 2009

« Le Gone du chaàba » Azouz Begag 1


Publié en broché aux éditions du Seuil, dans la collection Point, en 2005. Il est écrit en 243 pages. « Le Gone du Chaàba », expose avec pudeur et sans misérabilisme les conditions de vie des premiers immigrés algériens en France, dans le courant des années soixante.


« Le gone du chaàba » dépeint la vie d’une communauté d’immigrés algériens vivant dans un bidonville aux abords de Lyon. Au regard de Begag, ce ghetto constitue un univers protecteur totalement coupé des agressions culturelles provenant de la société d’accueil. Cet univers clos et replié sur lui-même fonctionne comme un refuge contre les sollicitations de la civilisation industrielle, comme une résistance globale à une déculturation brutale. Ici au chaàba tout se partage dans la joie et la misère est moins dure car la sauvegarde des valeurs traditionnelles forme le ciment du groupe.


Les lois de l’hospitalité et de l’entraide prévalent. En outre, le monde de l’école reflète en microcosme la situation du chaàba face à la société d’accueil. C’est un monde divisé : il y a d’une part, les enfants du chaàba et les autres, les élèves français.


C’est à l’école que les enfants du chaàba prennent conscience de leurs différences, de leur pauvreté et de tout ce qui les sépare de leurs camarades français. C’est là qu’Azouz apprendra à avoir honte de sa provenance et réalisera que les différences ne sont pas seulement économiques mais aussi culturelles.


En effet, selon Begag, « quand on est fils d’immigré, il y a deux attitude possible : l’une qui consiste à se marginaliser », une attitude qui fait le jeu du système, « en disant on n’est pas français ». (…) l’autre qui fait le pari que l’école permet d’envisager un avenir meilleur ».
Mais le prix à payer est élevé car l’enfant est considéré par ses camarades comme un traître à son milieu. De plus, en optant pour la seconde voie, Azouz devra faire sien l’imaginaire de la société d’accueil. Par conséquent, face à un système où ses valeurs ne sont pas mises en avant, Azouz devra accepter de vivre un schisme intérieur et entreprendre seul le parcours vers l’intégration.

mercredi 29 juillet 2009

"Les figures de la réthorique", Laurent Jenny

Que penser de l’évolution de la rhétorique ? Que devient-elle ?
Laurent Jenny établit un bilan global sur la rhétorique, qu’il opère depuis l’Antiquité où elle désignait proprement l’art de parler pour persuader. Et qui constituait l’élément majeur dans la formation d’un orateur.
Il énumère ensuite les étapes de son évolution qui s’est amorcée dés Cicéron.
Cependant, il ne lui attribue plus des pouvoirs politiques de la persuasion, la rhétorique passe à un autre domaine, elle est plus littéraire car elle devient une technique d’ornement, une mise en forme du discours.
Laurent Jenny souligne, d’ailleurs, que l’élocutio est la seule partie de la rhétorique qui a pu survivre, où le style est valorisé, dés lors, l’art de parler devint l’art d’écrire, or ce dernier se trouve réduit à une figure ajoutée comme un sur plus sans fonction.
Pour conclure, Laurent Jenny voit que les figures fournissent aux discours les moyens de leurs actions et leurs valeurs ; ce que la rhétorique antique en avait eu de la peine à le faire rigoureusement.

mardi 28 juillet 2009

Jenny, Laurent, « Les genres littéraires », Méthodes et problèmes (2003)

Quelle est la part du genre dans une œuvre littéraire moderne ? Cette dernière est-elle rebelle à la notion du genre littéraire ?
Certes la compréhension d’u texte littéraire implique nécessairement sa classification et sa catégorisation ; ce qui donne forme aux rapports que celui-ci (le texte) entretient avec ses lecteurs (réception).
L’auteur cite l’exemple des librairies, or cette catégorisation reste inefficace et approximative car on risque fort de tomber dans un rang de poésie sur une œuvre se rapprochant beaucoup plus du roman.
Du même coup, la notion du genre elle-même engendre un aspect d’imprécision, puisqu’elle repose sur des conventions dites discursives. Elle s’applique à des réalités littéraires très différentes. Ainsi, elle implique entre autre des propriétés textuelles.
Jenny cite quelques exemples concernant différents genres littéraires. Encore est-il nécessaire de soulever l’aspect particulier de quelques œuvres qui comportent plusieurs types de conventions discursives simultanées et, qui, donc peuvent s’inscrire sous différentes catégories ; ce qui est le cas par exemple des Regrets de Du Bellay, qui relèvent à la fois du genre lyrique et élégiaque.
L’auteur souligne qu’en particulier, la modernité littéraire tend à contester la notion du genre au dépit d’un genre global, où on assiste à l’effondrement des frontières et des traits distinctifs des genres.
Enfin, l’auteur considère que la transgression des genres visée par la modernité ne peut s’opérer sans une identification préalable des genres traditionnels.

dimanche 26 juillet 2009

La Saga fascination ou Twilight


J’ai le plaisir de partager avec vous ma lecture du tome 1, intitulé Fascination de la Saga Fascination ou le Twilight..
Je tiens à signaler que lire cette œuvre engendrerait autant de plaisir et de passion que de voir son adaptation cinématographique Twilight, la saga du désir interdit, avec Kristen Stewart, Robert Pattinson, Billy Burke. Et réalisée par Catherine Hardwicke.

Le film est sorti dans les salles de cinéma en Janvier 2009.
La Saga Fascination, une œuvre composée de 4 tomes : Fascination, Tentation, Hésitation et Révélation. Ecrite par Stéphanie Meyer, et traduite par Luc Rigoureau.

Une œuvre qui m’avait séduite, et qui a eu sur moi l’effet d’une véritable sensibilité et douceur. La beauté des images qui défilaient à mes yeux lors de ma lecture, la magie des mots, la bonté des âmes, ont complètement envahis mon esprit, me laissons sous un charme naturel de cette histoire d'amour de Bella et d'Edward.

Isabella Swan, 17 ans, vivait avec sa mère en Arizona. Un jour, elle décide de déménager pour laisser plus de liberté à sa mère d’accompagner son compagnon dans ses déplacements. Bella décide de s’installer à Forks, chez son père.

Au lycée, Bella croise un groupe d’amis très étrange, composé de deux filles et trois garçons. Mais ELLE ne s’intéressait qu’à Edward Cullen vampire de son état, doté de nombreux pouvoirs et dont la beauté et le comportement la terrorisent et la fascinent. Entre eux, naquit une passion qui les expose à multiples dangers, car Edward n'est pas un humain et Bella le sait. Prêts à tous les sacrifices, dans le respect de la nature de chacun, Bella et Edward vont de l'avant. Une histoire d'amour captivante.

Le mythe du vampire, son combat sur la soif de sang et sa lutte pour conserver une part d'humanité sont des thèmes très récurrents dans l’histoire.
J'ai vraiment adoré la lecture de "Fascination". La dualité des sentiments d'Edward, la crainte de Bella de voir s'en aller celui qu'elle aime sont autant de sujets qui nous parlent. Les premiers émois, le premier Amour, la souffrance, la fougue et la déraison de l'adolescence nous envoûtent, car qui n'a pas déjà vécu ce flot d'émotions ?


Vous aurez tort de vous priver de la lecture d’une aussi agréable œuvre!!!!!

jeudi 23 juillet 2009

"Les contes à l'école" de Serge Martin 2

L’exploitation usuelle du conte à l'école privilégie la lecture et la production d'écrits.
La transmission orale est l’une des caractéristiques du conte. Le conteur, quant à lui, est le passeur de textes qui y imprime sa propre marque. Et l'écrit de sa part facilite la compréhension et permet de dissocier deux actes "lire et comprendre" d'une part et "écouter et comprendre" de l'autre.

Serge Martin propose quelques perspectives didactiques pour la transmission du conte à l’école, à savoir :

* La lecture à haute voix :
La lecture magistrale a un rôle important dans la transmission des contes, par l'enseignant et les élèves. Il faut cependant que, le premier sorte complètement de l'ordinaire et le second soit dans une écoute maximale.
L'environnement lui aussi participe à la lecture, le lieu doit être organisé avec des conditions adéquates.

* Les conditions de la lecture :
La phase d'écoute permet de représenter l'histoire sous forme d'images mentales; cette phase demande de mettre l'élève dans des conditions d'écoute qui sont le lieu et l'enseignant :

1. Le lieu : Doit être adapté, disponible et calme.
2. L'enseignant : Il doit parler clairement de façon intelligible. Sa lecture doit être préparée et accompagnée de gestes identifiant les personnages, montrant leurs rôles et les relations qu’ils entretiennent, et en citant les évènements et les valeurs. Il doit être au centre de la démarche.

* Les modes de la lecture :
Pour que l'élève s'intéresse au conte, on doit le faire sortir de l'ordinaire, l'encourager et développer en lui le désir de lire en lui variant la lecture. A ce niveau trois modes de lecture :
1. Une lecture à voix haute en petit groupe, avec l'enseignant.
2. La lecture en petit groupe autour d'un livre choisi par l'élève et puis une lecture individuelle en atelier.
3. Une lecture libre qui permet à chaque élève de chercher le livre qui lui plait.

* Etude comparative entre deux contes :
La comparaison entre deux contes amène l'élève à distinguer et comprendre le récit. Lui raconter une histoire qui ressemble à une autre histoire qu'il a déjà rencontré, ou lui proposer une deuxième version d'une même histoire qu'il a déjà lu, on comparant les deux histoires, l'élève à l'aide de son enseignant, va distinguer les ressemblances et les différences et les classer.

Ce travail amène l'élève à apprendre à raconter un conte, il provoque l'imagination de l'élève et fait naître en lui des images mentales, de senteurs, des couleurs, et des ambiances. Sa mémoire devient remplie des images riches.




mercredi 22 juillet 2009

"Les contes à l'école" de Serge Martin 1

"Les contes à l’école", un ouvrage de Serge Martin, qui, a pour but, d'appréhender le conte dans sa dimension orale et culturelle, et de réfléchir sur la mise en place d'une pratique du conte au service de l'enseignement du langage oral. Il est écrit en 147 pages, publié aux éditions Bertrand – Lacoste à Paris en 1997.
Cet ouvrage n'est pas un ensemble d'articles, mais un ouvrage théorique sur l’exploitation didactique du conte en classe. Il s’organise en douze chapitres répartis en trois parties :

Partie I
Après une introduction, un petit historique critique de l’enseignement du conte à l’école, l’auteur commence à parler de l’histoire du conte, de ses structures et de ses conditions de narration et un commentaire rapide des textes officiels concernant la transmission des contes. L’auteur interrogera les théories de référence et tentera de construire une théorie de la spécificité l'historicité des contes.
Au cours des quatre premiers chapitres, Serge Martin bouscule des représentations tenaces.
Il refuse toute simplification, toute schématisation, par l'affirmation permanente de l'écriture et de la lecture comme des aventures dans les grilles des étapes, et des modèles à repérer et à reproduire.
Il insiste à faire du conte une lecture non proprétendique à d'autres lectures à venir plus complexe, mais bien une lecture savante toute de suite.

Partie II
Il présente aux enseignants des écoles quelques propositions didactiques à suivre :
• Une lecture comparative des contes,
• une réflexion sur les usages culturels des contes,
• une analyse des personnages,
• une lecture parodie
• un secours aux images pour une meilleure lecture.

Partie III
Il propose, d’abord, quelques contes : Le chat botté", des frères Grimm accompagnés par les images de Maurice Sendak et une lecture de "La petite fille aux allumettes".
Ensuite, il évoque "Eva" ou "Le pays des fleurs", il lui donne place aux visions de la ville de Joos, il la compare ensuite à "YELLA RITTLANDER", la petite fille dans "Alice dans les villes"
Enfin, il présente le départ d'"Eva", la petite vendeuse nocturne de fleurs "Les fleurs du mal".


De tradition orale, le conte suit l'évolution de l'humanité et sert de références à la fois culturelles, sociologiques et religieuses
Il appartient à une mémoire collective, avec laquelle certains prennent plus ou moins de liberté, transmis par un conteur, un passeur de textes, qui imprime au texte sa marque propre, à un public, qui même silence une part active dans ce qui est conté.
Intégrer conte à l'école c’est de développer les compétences langagières, l'enseignant en situation du contage sera attentif à l'espace, la distance, la posture, les gestes, les regards et la voix. L'lève de sa part travaille sur la prise de conscience du savoir être dans la communication et développe des compétences langagières.